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Briefing
Éditorial p. 7 « The Unwelcoming States of America » + briefing p. 14-16 « America's deportation machine » — Columbus, Los Angeles, Oklahoma City — et p. 60 « Growth on ICE »
Trump tient sa promesse. Le nombre d'arrestations n'a jamais été aussi élevé, mais la machine a changé de style : fini les descentes filmées, place à la coopération discrète avec la police locale et aux interpellations dans les aéroports. La thèse du journal : en ramenant la migration nette à zéro, le président affaiblit durablement son pays, et la campagne d'expulsions est devenue impopulaire jusque dans son électorat.
Exemples mobilisables
- Migration nette en 2025 : zéro. La population active américaine a reculé d'un million depuis janvier.
- Coût du traitement, de l'entrave et de l'expulsion : 17 000 dollars par personne.
- Arrestations ICE : 43 000 en juin, près de 50 000 en juillet, record de l'agence. La Maison-Blanche exigerait 2 000 arrestations par jour.
- 1,6 million de migrants sont sous ordre d'éloignement ; 1,7 million sont devenus expulsables par de nouveaux montages juridiques ; 11,3 millions de dossiers sont en attente.
- Plus d'un million de personnes de 13 pays ont perdu leur statut de protection temporaire (TPS). 170 000 Salvadoriens le perdent en septembre ; certains vivent aux États-Unis depuis 25 ans.
- 56 personnes sont mortes en rétention ICE depuis janvier 2025, plus du double de tout le mandat Biden. L'agence prévoit jusqu'à 20 M$ pour équiper ses agents de gants délivrant des décharges électriques.
- Approbation nette de Trump sur l'immigration : −13 en août, −35 chez les Hispaniques. 47 % des Américains, 55 % des Hispaniques et plus d'un cinquième de ses propres électeurs de 2024 veulent supprimer ICE — mais 93 % de ceux qui se disent MAGA approuvent sa politique.
- Visas étudiants délivrés en 2025 : −29 %. L'administration propose de facturer 103 265 dollars le dossier de visa H-1B.
- Près de la moitié des entreprises du Fortune 500 ont été fondées par des immigrés ou par leurs enfants.
- Palantir fournit à ICE un outil nommé ELITE, qui génère des « listes de cibles » avec photos et adresses probables. « C'est un peu comme Google Maps », dit un agent.
- En juin, les républicains ont voté en bloc 70 milliards de dollars supplémentaires pour ICE et la Border Patrol. Le Congrès n'a voté aucune réforme migratoire d'ampleur depuis les années 1990.
- Côté employeurs : un hôtel de Lake Placid chiffre à un demi-million de dollars le manque à gagner d'un mois de retard de chantier, après l'interpellation d'un salarié en situation régulière et de vingt sous-traitants.
- Vocabulaire politique à connaître : heritage Americans et remigration, mots de l'entourage présidentiel, que le journal décrit comme s'arrêtant « à quelques centimètres du racisme assumé ».
Contrepoint
George Borjas, We Wanted Workers : l'immigration produit des gagnants et des perdants, et les perdants sont les travailleurs peu qualifiés déjà présents. L'article raisonne en agrégats et écrase cette distribution — c'est le point où un correcteur attend une discussion. Sur la frontière elle-même : Wendy Brown, Murs. Les murs de séparation et le déclin de la souveraineté étatique, pour qui le mur est le théâtre d'une souveraineté qui n'en a plus les moyens — utile pour retourner l'argument « la frontière est calme, donc la politique marche ».
Vocabulaire
- dragnet — coup de filet, rafle
- to round up — rafler, ramasser
- in absentia — par défaut : jugement rendu sans le prévenu
- litmus test — test décisif, critère de pureté
Question
Peut-on appartenir à l'humanité sans appartenir à un État ?
En HGG : l'immigration est-elle un ajustement du marché du travail ou une décision politique ?
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